Voici maintenant 5 ans que nous subissons une crise économique, liée à une crise financière.

Nous en sommes tous responsables :

  • les banques d’investissement pour avoir fabriqué des produits toxiques,
  • les agences de notation pour n’avoir d’abord pas fait leur travail puis de le faire avec trop de zèle,
  • les politiques pour n’avoir pas su nous dire que nous vivions au dessus de nos moyens depuis des décennies, et de n’avoir pas eu le courage politique de corriger au fil de l’eau les trajectoires de l’endettement et de la compétitivité,
  • nous, collectivement, pour avoir fermé les yeux, dans un confort anesthésiant, sur une réalité qui bien souvent nous dépasse...

Et si le monde se remettait en marche…

Nous n’allons pas lourdement revenir sur l’improbable scénario de 2011. Que d’effervescence pendant cette année. Banquiers centraux et de dépôts, assureurs, gouvernements, investisseurs, nous avons tous vécu une année chaotique, abreuvés que nous étions de nouvelles macroéconomiques, de plans de sauvetages annoncés, différés, suspendus, relancés, d’indices financiers erratiques et de taux monétaires au bord de l’asphyxie…   

Il semble que finalement, hors du vieux continent, la situation se stabilise. Par contre dans les brumes européennes, il reste du chemin, pouvant révéler des surprises, avec des issues improbables. Mais nous osons croire que le politique et son bras armé (indépendant ?), la banque centrale, ont pris la mesure de l’enjeu.

Parlons de dettes…

Il fallait bien que le fol endettement s’arrête. Ce n’est pas l’hallali des marchés qu’il faut conspuer, quand bien même certains acteurs financiers (anglo-saxons pour partie) sont loin d’être les chantres de la bonne conduite. Sur le fond, constatons les comportements de nos économies, qui ne savent pas en faire, des économies. Que le marché sonne le glas de la récréation et des déficits chroniques n’est pas en soit pas une mauvaise nouvelle. Il fallait sans doute un électrochoc pour nous ramener à la réalité : On ne peut dépenser éternellement plus que l’on ne gagne. Maintenant les budgets seront donc d’austérité, de manière abrupte. Il faudra beaucoup de finesse à nos politiques pour organiser la réduction de la dette sans casser le ressort de la croissance. Fil ténu... En matière d’endettement il est pourtant de bonnes dettes. Celles qui ont vocation à créer de la richesse ou du patrimoine : investissement immobilier, investissement productif, investissement professionnel (rachat d’entreprise par LBO, OBO, si toutefois ils sont réalisés pour créer de la valeur « partagée »).

En attendant le grand soir du patrimoine…

Que retenir de cette loi de finances pour 2011. En fait peu de choses. Nous retiendrons simplement le coup de rabot de 10% sur les niches fiscales ; Les couples qui se marient, qui ne pourront plus payer leur cérémonie à l’aide des économies d’impôt issues de l’année du mariage ; Et la hausse marginale de 1% de la tranche la plus haute du barème de l’impôt sur le revenu.

On entend malheureusement trop souvent : « C’est la crise !  Tout va mal ! … » Un pessimisme ambiant qui sclérose trop d’initiatives et toute une économie.

Il est vrai que certains évènements donnent raison à cette morosité : l’accroissement de l’insécurité, l’avenir de nos retraites (dont on peut se demander ce qu’il restera de cette réforme après la double épreuve de la rue et du Parlement), les marchés boursiers (le CAC 40 a retrouvé à la fin août son plus bas niveau depuis deux mois)…

Même le football s’y est mis avec le fiasco de notre équipe nationale en Afrique du Sud !